LOUBOUTIN: Certaines sont prêtes à se faire enterrer avec leurs Louboutin, d’autres les mettent sur un autel, osant à peine les chausser de peur de les abîmer. Voilà, vous l’aurez compris, il y a un culte Louboutin. (…) Si bien que vous passez pour une attardée mentale si vous osez dire tout haut que vous n’aimez pas Louboutin. Pas Christian, qui a l’air tout à fait charmant, mais ses chaussures qui vous font souffrir au bout d’une heure, qui ont un prix indicible et des talons vertigineux et qui vous donnent l’allure d’une péripatéticienne à la retraite. (…)

…Voici un extrait d’une définition tirée du nouveau livre de Laurence Desbordes, rédactrice en chef du magazine de mode suisse Edelweiss depuis 2004. Dans son «Le Petit Dictionnaire Enervé de la Mode» (aux éditions de l’Opportun), tout y passe: la mode, ses excès, ses créateurs, ses créatures, ses fastes, ses néfastes… Avec un ton énervé, voire diabolique, Laurence Desbordes nous décrit cet univers fascinant, parfois violent, dans lequel elle vit depuis de nombreuses années. Dans cet ouvrage, elle s’insurge contre cette industrie qui d’après elle « tutoie de moins en moins le beau et le bien fait, mais de plus en plus le cher et le surfait ». Le moins que l’on puisse dire est qu’elle ne prend pas de gants lorsqu’elle nous présente les nombreux créateurs avec humour et décalage. Néanmoins elle sait aussi reconnaître le talent de certains et avoue que malgré le fait que l’industrie de la mode à tendance à l’irriter (et nous aussi), elle ne cessera jamais de nous passionner. Alors en attendant de vous plonger dans ces surprenantes définitions (à commander d’urgence ici), voici quelques autres savoureux extraits!                      – Coralie B.

ATTACHÉE DE PRESSE: Généralement jeune femme qui se sent investie d’une mission divine lorsqu’elle travaille pour un créateur digne de ce nom. Plus protectrice qu’une armada de gardes du corps et plus hautaine qu’une parvenue frigide, l’attachée de presse part du principe que personne n’est assez admirable pour approcher de près ou de loin son saint patron. Elle fait donc obstruction par réflexe. En résumé, elle est plus star que les stars et ne sert à rien à part irriter profondément ceux qui ont à faire avec elle. Une des grandes verrues de la profession.
 
TOY BOY: Un toy boy, c’est un homme que vous baladez à votre bras comme un accessoire, aussi joli qu’un sac et assez indispensable finalement, si vous ne voulez pas jouer les célibataires éplorées. (…)
 
HIPPIE CHIC: C’est une sorte de bourgeois bohème qui fait une fixation sur 1968 et qui continue de s’habiller comme au temps du flower power mais avec des vêtements siglés. Ce qui est totalement paradoxal et à l’encontre de la philosophie hippie, mais qui montre que la mode est un éternel recommencement ou, plus grave, que certaines maisons peinent à se renouveler si on peut se vêtir en 2010 exactement comme au début des années 70.