L’interview: Sandrine Barabinot, créatrice de Rita&Zia
Encore une nouvelle rubrique dans JSBG: « L’interview ». À chaque fois, nous aurons le plaisir de nous entretenir pour vous avec un invité, et pour clôturer ces entrevues nous avons concocté une liste de questions baptisée « Un pertinent questionnaire selon JSBG » qui sera la même pour tous. Pour cette première, nous avons le plaisir de recevoir Sandrine Barabinot, créatrice de Rita&Zia. À ses débuts en 2006, la marque ne fabriquait que des bijoux, des bracelets ou des colliers munis de gris-gris porte-bonheur. Depuis, les bijoux Rita&Zia ont eu le succès que l’on connait, et la marque compte désormais des lignes de maroquinerie, de décoration pour la maison, de parfums, tout en multipliant les collections de bijoux. Dès la fin de cette année, la gamme de bijoux précieux « Black Line » viendra couronner le toute. Et l’aventure continue, les montres Rita&Zia étant annoncées pour 2012. C’est le moment de faire le point avec Sandrine Barabinot, fondatrice et patronne de la marque, dont elle reste aussi aux commandes de la création.
JSBG – Intéressons-nous d’abord aux débuts de cette aventure. Alors que vous venez plutôt de l’univers du vêtement et du prêt à porter, qu’est ce qui vous a guidé vers les bijoux? Sandrine Barabinot – C’est tout d’abord ma passion et mon expérience dans le milieu du prêt à porter qui m’ont guidé vers la création de bijoux. Je pense que Rita&Zia représente plus une marque d’accessoires que de bijoux. J’ai eu envie de créer des accessoires que l’on peut porter et accumuler comme des bijoux afin de mettre en valeur chaque style vestimentaire.
Pourquoi avoir choisi le nom de Rita&Zia? J’ai choisi Rita pour rendre hommage à Sainte Rita, patronne des causes désespérées. Même si mes bijoux n’ont pas de connotations religieuses, je pense qu’ils peuvent aider ceux qui croient ou non en la chance et autres symboles de protection. Je pense que Sainte Rita reste un emblème de protection universel, et c’est pourquoi j’ai voulu m’en inspirer. Quand à Zia, qui veut dire tante en italien, cela me rappelle simplement mon patrimoine familial et mes origines italiennes.
La notion de porte-bonheur est présente dans toutes vos créations. Vous ne seriez pas un peu superstitieuse? Je suis très superstitieuse! J’accorde beaucoup d’importance aux symboles de la chance ou de la malchance. Je m’inspire systématiquement des symboles porte-bonheur dans mes collections car un miracle est survenu dans mon passé et a totalement changé ma perception de la vie. Je pense qu’on a tous une destinée et si l’on croit au bonheur et a la chance, nous ne pouvons qu’y accéder plus rapidement.
Vous semblez très inspirée par tout ce qui est oriental, notamment sur le plan des symboles religieux. D’où vous vient cet intérêt pour la philosophie zen? Mes bijoux n’ont pas de connotations religieuses car chacun peut porter et s’approprier un symbole sans être attaché à une religion, sinon celle de la mode. Les symboles religieux sont universels tout comme la mode et c’est pourquoi j’ai toujours envie de les mettre en valeur à travers mes collections. Pour la philosophie Zen, c’est un mode de vie ainsi qu’un état d’esprit qui peut nous apporter beaucoup. Je m’en inspire quotidiennement pour essayer d’offrir un état d’esprit qui fait du bien à l’autre, car je crois en la philosophie du bien-être.
Les produits Rita&Zia sont actuellement très en vogue, et après l’Europe vous attaquez l’Amérique du Nord. Alors même que vous lancez une nouvelle collection baptisée « Rita Rock » (photo ci-dessous), pensez-vous pouvoir toujours continuer à répondre à cette demande croissante tout en continuant à fabriquer en Suisse? Oui absolument, la marque est née a Genève et continue d’être fabriquée ici même si nous avons une plus forte demande aujourd’hui. Je ne veux pas que Rita&Zia soit associée à une fabrication de masse, car sinon mes bijoux n’ont plus aucun sens. Bien sur, cela représente beaucoup de travail et d’organisation, mais c’est aussi la preuve que mes bijoux portent chance si j’en suis là aujourd’hui! (rires)
Vous vous apprêtez à lancer la collection « Black Line », une vision plus luxueuse de vos produits, en utilisant des pierres précieuses (photos ci-dessous). Rita&Zia tend-elle à devenir une marque de luxe? Nous sommes déjà dans la fantaisie haut de gamme en proposant des accessoires dans des matières nobles comme les bois, perles semi-précieuses ou encore des cuirs de veau italien pour la maroquinerie. Après avoir eu une forte demande pour des bijoux porte-bonheur mais dans des matières plus précieuses comme l’or blanc ou rose, les diamants, saphirs et rubis, j’ai eu le déclic de créer la Black Line, une ligne de petite joaillerie qui décline toujours ses fameux symboles de bonheur et de protection.
Vous nous avez annoncé en avant-première la commercialisation d’une collection de montres Rita&Zia. Où en êtes vous avec ce projet? Nous avançons petit à petit. Quelques montres sont disponibles dans les boutiques officielles de Rita&Zia (Lyon et Genève). La collection sortira officiellement en 2012, avec notamment une série limitée, mais je ne peux pas vous en dire plus pour le moment. J’aime toujours garder un effet de surprise pour mes futures collections.
Après les bijoux, les objets de décoration et la maroquinerie, l’horlogerie. À quand une ligne de prêt-à-porter? Une ligne de prêt-à-porter n’est pas prévue pour l’instant. Mais une ligne «bain» est en cours de projet actuellement. J’ai plein d’idées et je n’arrive pas à m’arrêter une fois lancée. J’ai une imagination débordante ! (rires).
Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter à l’avenir, personnellement, à vous, Sandrine? Du bonheur à l’infini !! (rires).
Un pertinent questionnaire selon JSBG:
- Quel est votre plus grand vice? Fumer.
- Qu’est-ce qui vous fait peur? Perdre pied, ne plus savoir d‘où je viens…
- Vivre au 21ème siècle: plus facile ou plus difficile qu’avant? Pareil. L’herbe n’est pas plus verte chez le voisin. C’est juste une perception de la vie, ce n’est pas un problème lié à l’époque ni à la société…
- Vous êtes plutôt Facebook ou Twitter? Facebook.
- Qu’est-ce que vos parents vous ont légué de plus précieux? Ma mère m’a inculqué le respect d’autrui.
- Quelle serait la bande-son de votre vie? Des musiques aux airs gipsy, du flamenco et des sons de guitare sèche.
- À quel moment précis avez-vous pris conscience de votre succès? Je ne sais pas. J’ai encore du mal à m’en rendre compte. J’essaie de ne pas oublier que j’ai créé Rita&Zia en partant de rien. Et j’essaie de me souvenir d’où je viens pour ne pas perdre pied justement …
- Où vous voyez-vous dans 10ans? Toujours au même endroit, avec les miens.
Merci Sandrine.












