Fondation Cartier, 30 ans pour l’art contemporain

La Fondation Cartier pour l’art contemporain fête ses 30ans et à partir du 10 mai vous invite à découvrir sa collection dans une présentation en mouvement permanent, vous y retrouverez notamment Ron Mueck (nous vous en parlions ici) et James Lee Byars (« Monument to Language », du 1er au 21 septembre).

Créée le 20 octobre 1984 à Jouy-en-Josas près de Versailles, la Fondation commence son histoire par de grandes expositions thématiques et des résidences de création: « Ferrari » en 1987,  « La vitesse » en 1991,  « À visage découvert » en 1991, « Azur » en 1993. En 1994, elle s’installe dans le bâtiment de 1’200 m2 dessiné pour elle par l’architecte Jean Nouvel au 261, Boulevard Raspail et commence alors le voyage des « soirées nomades ». Dans son écrin d’acier, de verre et de verdure, elle accueille non seulement des expositions, mais en écho à l’art vivant fait place à l’interaction entre musique et arts de la scène, littérature et anthropologie ou philosophie, architecture, design et arts de la mode.

«Ni musée, ni galerie, institution inclassable qui s’invente une personnalité bien à elle» comme le démontre sa programmation qui fait place tant à des expositions thématiques qu’à des expositions personnelles, où se rencontrent non seulement photographie, sculpture et installations , mais encore art vidéo (Tony Oursler ou Gary Hill) et cinéma (Olivier Assayas ou Agnès Varda), mode (Issey Miyake, Jean-Paul Gautier) ou design (stars montantes comme Radi Designers ou figures établies comme Ingo Maurer, Ron Arad ou encore Marc Newson par exemple).

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Le mot d’ordre de ce mécénat : liberté. D’abord parce que l’initiative revient au président de la société Cartier d’alors, Alain Dominique Perrin, homme d’affaires mais également lui-même collectionneur, qui défend une culture libérée de la « tutelle » trop conservatrice de l’Etat  – le droit à la culture est garantit par le préambule de la constitution française de 1946 et fait de l’Etat l’unique gardien des arts et des lettres. « La culture n’est pas simple affaire d’Etat, c’est affaire de tous, c’est une liberté. » Il milite alors activement pour le rapprochement du monde économique – à la recherche d’une audience – et de la culture – à la recherche d’un public. Il aura notamment l’opportunité d’exposer son analyse dans son rapport sur le « Mécénat Français » (1986) que lui commande le ministère de la Culture et de la Communication, alors dirigé par François Léotard.

Liberté ensuite par le choix des artistes – un intéressant mélange de découverte et de noms reconnus –, par le mélange des genres et par les ouvertures géographiques : liens particuliers avec le Japon, mais également ouverture sur l’Amérique latine ou l’Afrique.

L’une des principales caractéristiques de ce mécénat est la commande d’œuvres, qui régulièrement viennent enrichir la collection, et en particulier des œuvres monumentales. C’est par ailleurs régulièrement cet accent sur le monumental ou l’immatériel et l’éphémère que l’on retrouve au cœur de grandes collections privées – outre la Fondation Cartier, on pourrait citer la Fondation Nicola Trussardi à Milan, ou notamment TBA21, la collection de Francesca von Habsburg basée à Vienne  – hors normes pour les musées, qui manquent d’espace parfois pour les exposer mais surtout pour les conserver. C’est dans cette démesure libertaire que les ambitions des grands mécènes privés prennent tout leur sens.

– Carole Haensler Huguet

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Informations pratiques

Fondation Cartier pour l’art contemporain
261, boulevard Raspail
75014 Paris

www.fondation.cartier.com

Mémoires Vives

avec des oeuvres de Raymond Hains à James Lee Byars, de Nan Goldin à David Lynch, de Mœbius à Ron Mueck.

Du 10 mai au 21 septembre 2014