Architecture participative: donnez votre avis sur la rénovation d’un immeuble iconique, la Tour Firestone

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L’économie participative prend pied désormais dans presque tous les domaines de l’économie. Aujourd’hui, Uber, la plus grande compagnie de taxi du monde, ne possède pas de véhicules, Facebook, le média le plus populaire, ne crée pas de contenu, Airbnb, le plus grand fournisseur d’hébergement du monde, ne possède aucun hôtel, et Alibaba, le plus grand magasin de la planète, n’a pas de stock. Un secteur reste cependant très en retrait du système: l’immobilier. Mis à part quelques exemples d’architecture participative, les investisseurs immobiliers décident en règle générale seuls de leurs projets de construction ou rénovation. Charge ensuite aux futurs propriétaires ou locataires de s’y adapter, et au-delà de ce premier cercle aux riverains et habitants du lieu de s’habituer à la nouvelle silhouette de leur quartier.

C’est en partant de ce constat que la société Transac a choisi pour l’un de ses projets à Neuchâtel d’inverser complètement le processus, en remettant l’humain au centre de la réflexion. À l’heure de l’économie participative, pourquoi ne pas demander à tout un chacun de s’exprimer sur la question? Et par tout un chacun, il faut comprendre non seulement les éventuels futurs acheteurs mais également tous les riverains et la population du lieu en règle générale. Pour mener à bien ce projet, Transac a choisi de lui donner une dimension symbolique en choisissant de l’appliquer à un bâtiment hautement symbolique de la ville de Neuchâtel, en Suisse. Il s’agit de la Tour Firestone, un immeuble architecturalement remarquable et novateur lors de sa conception. Nom de code: transformons.ch.

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Petit retour dans le temps: l’immeuble a été conçu par le bureau d’architecture Prince et Béguin en 1929, puis élevé en 1930. À l’époque, ce prestigieux cabinet venait de terminer la construction du Tribunal Fédéral à Lausanne, un chantier colossal mené à bien grâce à une association avec Alphonse Laverrière, autre architecte de renom. Le même Laverrière signait une année plus tard, en 1931, la fameuse Tour Bel-Air de Lausanne, alors plus haut immeuble de Suisse. Les similitudes architecturales entre les deux constructions sont évidentes, toutes deux se réclamant du style Art décor moderniste. L’utilisation du béton avec des murs extérieurs porteurs avec seulement quatre piliers de soutien à l’intérieur est alors totalement novatrice.

Les Neuchâtelois baptisèrent le bâtiment deux fois au cours du XXème siècle. Tout d’abord ils lui donnèrent le sobriquet un brin moqueur de Tour St-Jacques, du prénom de l’architecte Jacques Béguin qui selon la petite histoire avait oublié de prévoir une porte d’entrée au bas de la cage d’escaliers. Son nom actuel, “Firestone”, date de 1955 lorsqu’une publicité lumineuse à l’enseigne de la célèbre marque de pneus fût installée sur son toit. Les premiers habitants de l’immeuble bénéficiaient d’un luxe alors inouï: salles de bain dans chaque appartement, chauffage central, électricité et même, comble du raffinement, ascenseur, équipaient le bâtiment dès son inauguration. Depuis, cette construction est devenue une figure familière chérie des Neuchâtelois et a été classée.

La population de la ville a donc été invitée pendant les quatre samedi du mois de mars à participer au projet de la transformation de cet immeuble et à sa rénovation future. Ateliers d’architecture, visites guidées et animations diverses ont été au programme, et se poursuivent une dernière fois ce samedi 28 mars. Demander à chaque citoyen de donner son avis de manière pratique et ludique, même s’agissant de constructions protégées, serait-ce là le futur du vivre ensemble urbain?

– Jorge S. B. Guerreiro

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Informations pratiques: 

Samedi 28 mars 2015, de 10h à 16h. 

Tour Firestone, Pierre-à-Mazel 1, 2000 Neuchâtel

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1 Comment

  1. Julien 3D says:

    Bonjour, un article tout à fait bon.

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