L’interview: Joël Dicker, une nouvelle et un premier rôle d’acteur avec « The DS Writer »

Joel Dicker

Il y a deux semaines, je ne connaissais pas Joël Dicker. Ne regardant pas la télévision et étant plutôt abonnée aux infos climatiques, le célèbre écrivain avait jusqu’alors déserté mes fils d’actualités. Et puis, il y a une dizaine de jours, j’ai reçu une invitation de la marque automobile DS pour le rencontrer à Paris à l’occasion de la sortie d’une nouvelle inédite. Après m’être confrontée à l’indignation amusée de mon interlocutrice, Laurence de chez DS, je me suis précipitée en librairie pour combler cette lacune et apprivoiser le mythe Dicker. Je n’allais pas me présenter à lui sans avoir lu une page. 6 jours plus tard, j’en avais avalé plus de 1200.

Une fois son nom connu, il est impossible d’échapper à l’obsession collective. Couverture de journaux, réseaux sociaux, discussions de vieilles coquettes de tea rooms et même sur la table de ma propre cuisine, affiché dans les pages du magazine pour lequel je travaille, Joël Dicker est une évidence que j’avais niée jusque là.

À Paris, au 33 rue François 1er, adresse de DS World, j’aperçois enfin la coqueluche des médias. La raison de sa présence? Sur commande de la marque DS, Joël Dicker s’est attelé à l’écriture d’une nouvelle. «Un exercice difficile», me confie-t-il, lui qui a l’habitude de soigner ses descriptions, sans contrainte de temps ni d’obligation de publication. «La nouvelle, c’est un coup de poing, c’est beaucoup plus dur de faire une bonne nouvelle qu’un bon roman». On est loin des 800 et quelques pages de «La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert» (format poche), mais ce thriller d’un quarantaine de page est tout aussi prenant… et moins sadique envers les impatients qui, comme moi, haïssent le suspens autant qu’ils l’adorent.

Avant de le lire, je m’étais interrogée sur l’idée d’une alliance entre livre et publicité. En étions-nous arrivés là? A l’ère des écrivains en vogue payés pour faire du placement produit dans un nombre de paragraphes déterminé à l’avance? Vielle France, je suis de ceux qui pensent que l’écriture est un art noble. Placer une marque dans un bouquin, me paraissait aussi abjecte que si Botticelli avait habillé sa Venus d’un costume de bain Speedo pour satisfaire Décathlon. Heureusement pour la Littérature, le partenariat entre Joël Dicker est plus subtile que ça. La plume n’est pas corrompue, DS n’apparaissent nulle part dans la nouvelle.

En parlant avec Arnaud Ribault, directeur marketing et ventes DS automobiles, j’apprends que cette démarche s’apparente «modestement» à celle des grands rois qui passaient commande auprès de dramaturges à la mode ou de sculpteurs renommés. L’écriture se distingue donc clairement de l’opération commerciale, bien qu’elle en fasse partie intégrante. La nouvelle a, semble-t-il, partiellement été conçue à bord d’une DS, qui permet au conducteur d’enregistrer des notes vocales. Tout porte donc à croire que l’histoire aurait aussi bien pu être capturée sur dictaphone à bord d’un brise-glace soviétique ou à dos d’alpaga.

La version physique de cette nouvelle, dont la couverture est gravée de la mention «Pour les initiés uniquement», n’est offerte qu’aux personnes qui essaieront les nouvelles DS 4 et DS 4 Crossback . Et pour promouvoir cette campagne atypique, une websérie en 5 volets a été produite, mettant en scène Joël Dicker sous les traits d’un romancier en recherche d’inspiration entre Paris et la Bavière. Le voilà le lien visible entre l’homme et la machine! On y voit l’écrivain conduire une DS 4 dans un court métrage imaginant le processus de création de la nouvelle. D’ailleurs, les chapitres paraîtront progressivement en suivant à la diffusion de chaque épisode correspondant.

Le romancier est devenu égérie, à l’instar d’un Frédéric Beigbeder pour The Kooples ou d’une Joan Didion pour Céline. Des écrivains auxquels les marques s’identifient enfin. Des écrivains en qui le public se reconnait à nouveau. Des idoles qui existaient depuis trop longtemps en marge d’un star système fait de sportifs et de vedettes du show-business. Des héros qui ressuscitent l’époque où les Miller, Duras ou Hemingway déchainaient les passions.

Cette mise en lumière, Joël Dicker la vit bien. Lorsque je lui parle d’une vlogueuse, Emma CakeCup, qui entre tutos beauté et la documentation de sa récente rhinoplastie insère une vidéo à la gloire de «La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert», il est touché. Redonner le goût des livres, ou mieux, l’envie d’écrire à une jeunesse qui a perdu le chemin des bibliothèques, «c’est le plus beau compliment qu’on puisse me faire. Quand quelqu’un me dit, – grâce à vous je relis, grâce à vous j’aime lire, qu’est ce que je peux lire après ça? Je suis heureux.» dit-il avec humilité. Il est aussi amusé des théories qu’inspirent ses romans, des analyses auxquelles il n’avait pas pensé lui-même et qui lui rappellent que, lorsqu’il est lecteur, il se plait également au jeu des déductions et suppositions

Le jeune homme qui n’aime pas parler de sa vie privée n’est pas non plus dénué d’humour, il ne faudra donc pas prendre ses réponses à notre questionnaire au pied de la lettre.

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Un pertinent questionnaire selon JSBG:

  • Quel est votre plus grand vice? Manger, je mange beaucoup, le fromage… je suis malhonnête, je mens tout le temps!
  • Qu’est-ce qui vous fait peur? Le mensonge
  • Vivre au 21ème siècle: plus facile ou plus difficile qu’avant? Je ne sais pas, il faut demander à ma grand-mère!… mais c’est plus facile maintenant
  • Vous êtes plutôt Facebook ou Twitter? Twitter
  • Qu’est-ce que vos parents vous ont légué de plus précieux? Une Bentley en or massif… Non!! Je rigole l’amour, les valeurs, le travail, l’autre…
  • Quelle serait la bande-son de votre vie? Du jazz
  • Où vous voyez-vous dans 10ans? Je ne sais pas, je me vois je me vois….Joker!

Merci Joël!

–  Leïla Rölli

Infos pratiques: les épisodes de la web-série réalisés avec l’agence Publicis La Maison, seront mis en ligne entre le 5 et le 13 novembre sur www.nouvelleDS4.fr, site sur lequel un trailer est déjà disponible.