Maserati, Zegna et moi

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Chaque mois de mois de mars revient (non pas le printemps, bien qu’il revienne lui-aussi) le salon de l’automobile à Genève. Une manifestation qui me fait en général autant d’effet que l’annonce des résultats d’exploitation de Geberit.

Mardi, les constructeurs automobiles conviaient les journalistes à faire le déplacement jusqu’à Palexpo. Je n’y suis pas allée. J’ai une dispense: ce salon m’exténue. J’adore pourtant les bagnoles. Surtout celles dont la carrosserie pavane. Un été, j’avais eu la chance de traverser les Etats-Unis au volant d’une Ford Mustang. J’admets avoir depuis un faible pour les « muscle cars » clinquantes.
Si j’ai refusé de m’assourdir et me fatiguer inutilement dans les halles à côté de l’aéroport, je me fis pourtant une joie, le soir venu, d’honorer l’invitation conjointe de Maserati et Zegna. Une petite sauterie était organisée par les deux maisons italiennes au sein de la boutique genevoise du label de mode masculine. La marque d’automobile venait de présenter au salon sa Levante, son premier modèle SUV baptisée du nom d’un vent de Méditerranée, sympathique brise pouvant en une fraction de seconde se muer en une puissante tornade puissante. Vous aurez senti comme moi la force de frappe symbolique.
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Mardi soir, un modèle du SUV arborant une carrosserie entre le chocolat et le bordeaux était parqué en première file devant l’enseigne Zegna de la rue du Rhône. Et c’est à l’intérieur de la voiture qu’il faut trouver le fruit des noces entre Maserati et le tailleur italien: le revêtement des sièges, c’est l’oeuvre du second.
Une fois célébré le mariage de la classe italienne, retour fissa dans la boutique pour toaster à cette fabuleuse union. Dans les verres pétille un mousseux rosé. Au moment de refaire le niveau, je m’aperçois que la bouteille porte le nom de « Ferrari ». Maserati et la marque au cheval cabré appartenant au même groupe, l’honneur corporate est sauf.
En début de soirée, les suspects habituels font curieusement défaut. Il n’y a là que des Italiens tirés à quatre épingles et des femmes tirées à quatre seringues. Je cherche des yeux mes gossipeurs favoris. Ils tardent à faire leur entrée jusqu’à ce que n’apparaisse enfin Dorian Gray, redescendu de Gstaad où il a trouvé le temps long. Il est accompagné de Raul, un danseur à l’élégance innée. On trinque à tout cela, on parle piscine et cheveux plats, palace et lunettes de vue sales.
Helen Detroy ne devrait plus tarder à nous rejoindre. Elle arrive dans une robe rouge qui me rappelle Jessica Rabbit. Dans cette jungle de femmes aux lèvres hyaluroniquement ourlées, elle est comme le Levante, rafraîchissante et tout à la fois pleine de tempérament.
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