Les designers émergeants de la London Fashion Week

La London Fashion Week automne/hiver 2017 a commencé sur les chapeaux de roues ce vendredi 17 février et n’a cessé d’alterner défilés et présentations, tous plus étonnants les uns que les autres. Avec des écoles telles que Central Saint Martins, London College of Fashion ou encore la Royal College of Art, pas étonnant que les créateurs, fraichement sortis des studios de l’université ou déjà établis dans l’industrie de la mode, démontrent une créativité sans pareil et qui illustre parfaitement l’atmosphère de cette ville avant-gardiste. C’était donc l’occasion de découvrir les nouveaux designers émergeants qui commencent tout juste à faire du bruit sur la scène internationale et qui pourraient bientôt devenir les nouveaux Christopher Kane ou J.W. Anderson.

En marge des défilés, un phénomène populaire s’introduit petit à petit dans la Fashion Week et prend la forme de « présentation », donnant la possibilité à la presse de découvrir les collections sous un aspect complètement différent des traditionnels catwalks. On entre alors dans un décor imaginé par le styliste afin de mettre en scène la collection de la saison prochaine, qui nous permet de déambuler entre les mannequins et s’approcher de plus près pour observer attentivement les créations sous toutes les coutures. Ainsi, on peut se retrouver au milieu d’un court de tennis, faire un bond dans le temps, ou encore pousser la porte d’un univers pop ou féérique. Tout cela dans des bâtiments choisis attentivement et disséminés à travers la ville. Assiste-t-on finalement à un changement dans la fashion sphère loin des front rows?

Sans plus attendre, voici un petit tour d’horizon des designers à retenir :

Minki

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Minki s’inspire de la pêche pour délivrer une collection issue de l’artisanat avec des matériels de qualité et de multiples détails colorés rappelant la nature et les bords de mer. Sa présentation immersive traduit son sens de l’humour mais aussi sa féminité et la complexité de son monde.

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Boo Pala

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Boo Pala a rendu hommage à la scène underground et plus spécialement au nigthclub culte Fabric qui a été forcé de fermer ses portes l’automne dernier. Les looks plutôt dark sont donc une réflexion sur l’univers artistique et musical de Londres. La collection Beat the System s’inspire des ombres et lumières du mythique dancefloor apparaissant ensuite dans les imprimés et les textures des tissus, tout cela présenté dans un bâtiment industriel au son d’une musique techno.

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Milo Maria

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La présentation Milo Maria nous a entrainé dans les années 60 où les mannequins étaient assises dans un bureau ouvert, les unes au téléphone tandis que les autres tapaient sur leur machine à écrire ou parlaient à leur collègue. La 3e collection de Milo Maria capturait la femme fatale à la Mad Men tout en exposant des volumes et des coupes modernes. Les jupes en cuirs s’opposaient aux délicats lainages et le contraste se ressentait également dans le choix des couleurs donnant du charme et une atmosphère automnale à la présentation.

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Isa Arfen

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Isa Arfen a proposé une mise en scène originale en construisant sa collection autour de la question d’identité, ou plus précisément des différentes identités qui façonnent un individu. Elle est parfaitement parvenue à fusionner des éléments très féminins avec des pièces décalées tel que l’imprimé arlequin ou un verre de champagne brodé sur une robe. On ressent l’ironie des looks qui sont quelquefois totalement clichés mais toujours de bon goût et parfaitement modernes. De plus, les chaussures plates pointues de toutes les couleurs ont été conçues par Charlotte Olympia et complètent cette sublime collection.

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Roberta Einer

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Le highlight de la saison était certainement la présentation par Roberta Einer qui a réussi à capturer le glamour des années 40 tout en y amenant les couleurs et les impressions s’inspirant de la Méditerranée dans un style art-déco. Einer a démontré son habilité à jouer avec les matériaux résultant en un jeu de texture qui servait à la fois une robe de princesse aussi bien qu’une allure bien plus sexy. Les designs innovants de cette créatrice issue de la Central Saint Martins ont déjà fait parlé d’elle dans les plus grands magazines qui la classe parmi les designers émergeants les plus prometteurs!

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Katie Ann McGuigan

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D’autres noms sont également à garder en mémoire parmi les collections qui ont défilées au Freemason’s Hall. Ceci et ses silhouettes fluides et longilignes, Katie Ann McGuigan dont les bombers en cuirs et sacs oversize sont à envier, ou encore Harry Xu avec ses looks androgynes.

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Pour clôturer cette Fashion Week automne/hiver et suite au défilé à la Makers House, Burberry y expose sa nouvelle collection au plein centre de Soho en traçant l’histoire du sculpteur Henry Moore, inspiration de Christopher Bailey cette saison. Cette présentation ouverte au public jusqu’au 27 février permet également d’interagir avec les pièces et de comprendre la création de la collection depuis les premières étapes. Si le « See Now, Buy Now » est de plus en plus en vogue, Burberry, ironiquement, nous rappelle le plaisir de passer du temps à apprécier les vêtements et à en découvrir les détails. Ceci marque peut-être aussi un changement vers une attitude plus réfléchie et contemplative opposée à la frénésie des fashion weeks ?  En tout cas, Londres a définitivement lancé une tendance, reste à voir si les autres capitales de la mode la suivront.

Morgane Nyfeler